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Montréal dans tous les sens : vues!

Montréal dans tous les sens : vues!

Voir Montréal. À travers les innombrables lentilles de ces réalisateurs, de ces photographes, de ces créateurs d'images que Montréal inspire. Qui s'en inspirent. Le cinéma d'ici est le miroir de ce regard unique que portent les Montréalais sur le monde.

 

Il n'est pas étonnant qu'une initiative comme je vois mtl connaisse un tel succès. Peu de citoyens en ce bas monde ont eu la chance de voir, justement, leur ville ressassée dans tous les sens, leurs places publiques transposées à l'écran, leurs restaurants, leurs quartiers, leurs parcs, imaginés comme autant de lieux où se déroulent réalités et fictions.

 

L'image et ses mouvements permettent l'appropriation d'une ville comme Montréal. En voyant Montréal partout, Montréal devient nôtre. Notre ville. À nous. On dirait que c'est arrangé. Avec le gars… le gars des vues.

Du nord au sud

Bordée d'images, au nord, par l’ONF et ses projets novateurs : son application StopMo, célébrée de la rue Saint-Denis jusqu'à Cupertino, le Journal d'une insomnie collectiveFort McMoney. Tout cela se passe au bord de la l’autoroute 40 ; depuis 1939, l'avenir du cinéma canadien s'invente ici.

Au sud, Mel’s, la cité du cinéma et ses 18 studios de tournage, où certains des plus grands succès cinématographiques hollywoodiens récents ont trouvé ancrage : X-Men, Source Code, The Aviator, The Day After Tomorrow, The Curious Case of Benjamin Button et White House Down ont choisi Montréal pour la qualité de ses infrastructures, mais surtout de ses artisans de l'image.

Des idées et des lieux

Penser l'image, ce sont aussi des images à penser. Pour cela, des institutions novatrices veillent sur l'avenir de l'industrie, comme le Fonds des médias du Canadaet son escouade de veille, la SODEC dont la nouvelle présidente Monique Simard s'est fait la championne du numérique, ou le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec qui, entre les mains de Sylvain Lafrance et de Pierre Moreau, connaîtra ces prochaines années des jours fastes.

Mais voir Montréal, c'est aussi et surtout nombre de lieux de diffusion qui permettent à Montréal d'être vue. Des lieux parfois mythiques, comme le Cinéma NDG — qui a fait l’objet d’une action présentée à jevoismtl — le Cinéma du Parc ou le Cinéma Beaubien… et pourquoi pas, le Cinéma l'Amour, qui célèbre cette année ses 100 ans ! Ou des lieux plus improvisés, comme Mégaphone, ce projet de Moment Factory qui nous proposait littéralement de « lancer une idée sur la ville » . Belle mise en abîme.

Des talents, partout

Lorsqu'on pense aux créateurs d'images, au Québec du moins, nous viennent en tête une foule d'individus talentueux — Xavier Dolan, Denys Arcand, Jean-Marc Vallée. De ceux-ci, on retient les oeuvres, le tapis rouge. Ils reçoivent les honneurs qu'ils méritent, aux Oscars et à Cannes. Derrière eux toutefois, c’est aussi toute une armée de créateurs et de producteurs qui réinventent l'image, et sa déclinaison d'un média à l'autre. Des entreprises innovantes, on peut en nommer des dizaines, de Turbulent à Attraction Images, en passant par TOXA, FarWeb, Toast, Saga, et d'autres encore.

À cheval entre ces métiers complémentaires, des lieux de rencontre se multiplient. Sur ce plan, Montréal n'est pas en reste, et ses festivals, nombreux — MUTEK, le Festival du nouveau cinéma, les Rencontres internationales du documentaire de Montréal — sont autant d’espaces de rencontres et d'échanges qui agissent aussi comme lieux d'expérimentation, de rétroaction et d'immersion.

S'il est vrai que nous entrons dans l'ère de l'image, les lentilles des créateurs montréalais promettent de faire voir Montréal. Cet héritage et la capacité créative qui en découle constituent une chance immense, une opportunité extraordinaire de révéler notre unicité au monde entier.

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