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Montréal dans tous les sens : pour tous les goûts! (Partie 2)

Montréal dans tous les sens : pour tous les goûts!  (Partie 2)

Partie 2 : Manger, d’hier à demain

Au-delà des célébrations destinées aux fines bouches d’ici et d’ailleurs, la richesse des produits et des saveurs que l’on trouve à Montréal s’est développée grâce aux influences et traditions des différentes cultures qui ont adopté notre ville au fil des siècles. Et l’histoire culinaire de Montréal se nourrit autant du passé qu’elle s’abreuve d’avenir. Tour d’horizon montréalo-culinaire, suite et fin.

 

Des institutions réputées… et en devenir !

Montréal s’inscrit dans une longue tradition culinaire qui passe d’abord et avant tout par des établissements de renommée internationale. La réputation du plus vieuxdelicatessen au Canada, Schwartz’s, n’est plus à faire, une comédie musicale a même été créée en son honneur ! Fondée en 1928, la fameuse charcuterie hébraïque se situe toujours au même endroit sur la « Main », où des foules se massent, beau temps, mauvais temps, sous l’iconique auvent orange. Peut-être plus encore que lesmoked meat, les bagels montréalais – St-Viateur ou Fairmount, peu importe l’allégeance – sont une autre tradition culinaire juive qui fait la fierté des Montréalais bien au-delà de nos frontières !

Mais les traditions sont aussi constamment redéfinies. Poutine au foie gras, pâté chinois au porc effiloché, tête de cochon pour deux… elles ne ressortent pas indemnes d’une soirée au restaurant Au Pied de Cochon de Martin Picard ! La réinterprétation des classiques québécois a, depuis, essaimé dans tous les quartiers de la ville. Même la poutine s’est faite gastronomique.


Depuis maintenant deux ans, l’été montréalais s’égaye d’une succulente gastronomie roulante. Ce n’est pas à coups de stands à hot dogs cheap qu’a été réintroduite la cuisine de rue à Montréal — bannie depuis 1947 —, mais par un éventail de menus colorés, concoctés par de talentueux cuisiniers dans leurs curieux véhicules. Des raclettes express de la Boîte à fromages, en passant par les désormais légendaires tacos du Grumman 78, il y en a pour tous les goûts et de toutes les saveurs. Nos foodtrucks ne sont rien de moins qu’une incarnation sur quatre roues de la créativité et de l’art de vivre, façon Montréal.

Une nouvelle génération d’entrepreneurs culinaires valorise l’approvisionnement local et saisonnier, la fraîcheur des ingrédients et la simplicité dans la préparation. Pensez à Maison Freshmint, qui prépare des repas sains et les livre en moins de trente minutes au bureau. Out le fast foodin le quick food ! Les jus crus et biologiques DOSE partent du même principe de préparation et de livraison juste-à-temps.

La nouvelle venue Cook It assemble et livre le strict nécessaire pour cuisiner un plat tout en saveur qui surprendra la tablée. Provender, sorte de « geek agricole », met en relation les fermiers locaux et les chefs afin d’encourager la diversité et la consommation de produits 100 % québécois dans les grandes tables. Enfin, toute une panoplie de petits commerçants et de producteurs font leur part pour stimuler la vie des quartiers. Plusieurs sont membres du Conseil des industries bioalimentaires de l’île de Montréal (CIBIM) dont la mission est de promouvoir les PME de ce secteur.

Du jardin à l’assiette

Enfin, Montréal s’impose de plus en plus comme une ville verte aux pratiques durables, et ce statut passe notamment par une offre diversifiée de produits alimentaires locaux. Quand on veut s’approvisionner en légumes et fruits frais, on pense tout de suite au marché Jean-Talon ou encore à celui d’Atwater, mais lesMarchés Publics de Montréal nous en proposent bien plus. Une quinzaine de points de ravitaillement, mais aussi d’échanges avec les producteurs locaux, couvrent le territoire de la métropole.

Dans un même registre, les Fermes Lufa proposent un agréable compromis entre pratiques rurales et style de vie urbain. Des serres sont érigées sur les grands toits plats de la ville afin de fournir les citadins en légumes frais et écologiques. Née à Montréal, l’idée se propage déjà, comme les Bixi, chez nos voisins du sud. Plus récemment, Second Life s’est lancé le défi de réduire le gaspillage alimentaire en donnant une deuxième chance aux fruits et légumes jugés trop abîmés par les épiceries et supermarchés. Manger sainement à petits prix, tout en encourageant les producteurs d’ici, qui dit mieux? 

On sent à Montréal un bouillonnement qui dépasse notre réputation pour l’amour de la bonne chère. De partout dans le monde, on afflue vers Montréal pour déguster ce que nos créateurs posent sur la table, pendant que nos entrepreneurs locaux réinventent les chemins pour s’y rendre, à force de festivals et d’innovations. Si vous en doutez encore, il se trouvera plus d’un grand chef pour vous exprimer avec admiration ce qu’il pense de la bouffe à Montréal!

 

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