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Les hackers s'emparent de l'hôpital

Les hackers s'emparent de l'hôpital

Initiative implantée dans plusieurs villes canadiennes et européennes, Hacking Health en était à sa 2e édition montréalaise cette année, et marquait le passage à l'échelle de l'initiative lancée en 2012 ; avec plus de 600 participants actifs, HHMTL aura été en 2014 le plus gros hackathon santé au monde. 

 

Fruit de la collaboration entre l'hôpital Ste-Justine et HEC Montréal, c'est donc dans un amphithéâtre plus que comble que s'est terminé cet événement dédié à la création de prototypes fonctionnels visant à réinventer, du moins en partie, le milieu de la santé et des services sociaux.

 

Comme dans de nombreuses autres industries, les idées en santé ne sont pas la ressource rare. Ce qui leur manque est un vecteur de mise au monde, par la mise en commun de leurs problématiques bien réelles avec les talents et les compétences de programmeurs, de designers et de patients. 

 

 

Pourquoi "hacker" la santé?

 

De l'idéation à la mise en pratique, la chaîne de valeur en santé est complexe et parsemée d'embûches. Elle est marquée par des institutions particulièrement conservatrices dont la mission de recherche est focalisée davantage sur le soin que sur l'expérience du patient ; une question à laquelle de tels hackathons cherchent à remédier. 

 

Bien entendu, dans certains cas extrêmement rares, de véritables intrapreneurs parviennent à transformer les processus de soin. C'est le cas notamment de collègues à la Fabrique de l'Hospitalité de Strasbourg, dont l'historique de réalisation est irréprochable : de la maternité aux soins palliatifs, les dirigeantes de ce living lab ont réussi à réinventer l'hôpital de l'intérieur.

 

Mais sous des circonstances "habituelles", des événements comme Hacking Health sont incontournables. Ils agissent comme des moments fluides de mise en relation de communautés qui autrement s'ignorent. Par le truchement du design de services, du design d'interfaces et de technologies mobiles, ils font le pont entre les innombrables idées que détiennent les praticiens de soin et l'implantation des innovations. 

 

 

Des idées à suivre

De nombreux exemples ont émergé tout au long du weekend, et plus particulièrement dans la phase de démonstration concluant l'événement. En voici quelques uns : 

 

DAREC : une initiative de simplification de formulaires via une application web, dont le résultat génère des panneaux de contrôle imagés et accessibles à tous. Le design graphique de l'interface était très intéressant ; 

 

GO Ste-Justine dans ma poche : une application permettant de se repérer dans un espace hospitalier à partir du mobile; fonctionnant à étages multiples et géolocalisé. Cette équipe avait produit une vidéo au storytelling irréprochable ; 

 

Hacked Kart : un simulateur de conduite pour fauteuils roulants destiné aux enfants devant vivre avec un handicap. Certaines projections visuelles de la démonstration avaient l'allure d'une oeuvre de Pixar ; 

 

Justine Time : une interface graphique minimale permettant aux infirmières de repérer leurs tâches et priorités ;

 

V.A.S.E. : suite à la publication récentes d'APIs pour Google Glass, une équipe s'est intéressée à la conception d'une interface de réalité augmentée tirant parti de cette technologie dans un contexte d'urgences ou de chirurgie ; 

 

Pep Hero : un jeu dépendant d'un outil de soufflage connecté à un appareil mobile, dont les résultats dans le jeu sont dépendants de la performance de soin. Produit par l'équipe de Affordance Studio

 

HealthCare Bear : par l'introduction d'un détecteur de mouvement dans un ours en peluche, il est possible de détecter la douleur chez l'enfant. Le tout est synchronisé à un téléphone mobile et un "cloud" qui génère des courbes en temps réel. 

 

 

De nombreux prix ont été décernés, dont plusieurs aux fameux développements à partir de Google Glass.

 

Parions que ce n'est là qu'une première affirmation du potentiel innovant de ces grandes rencontres, et que d'autres manifestations du même ordre suivront! 

 


Ajout : une analyse sémantique des 1500+ tweets produits au cours du weekend a été réalisée grâce à l'outil NexaLive de Nexalogy. Vous pouvez visionner graphiques et analyses ici ! 

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