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/ Étude

La cuisine du livre culinaire

La cuisine du livre culinaire

Un livre de cuisine est par définition un ouvrage traitant de considération gastronomique ou plus communément un recueil de recettes. Les premiers livres culinaires remonteraient du IVe siècle avant J.-C., cependant le premier à avoir une réelle reconnaissance est le fameux «Apicius» originalement rédigé durant l’antiquité romaine. Diffusé à de multiples copies, il reste l’ouvrage le plus exploité de l’histoire jusqu’à présent.

 

Après avoir connu des hauts des bas en traversant les époques, le livre de cuisine se développe à nouveau à partir du milieu du XXe siècle. Ce retour est du à diverses raisons. 

 

 

Pourquoi ce regain de papier pour les livres culinaires ?

 

Une des premières est la perte de la transmission orale des savoirs-faire culinaires. Les ouvrages permettent de combler ce manque afin de conserver le patrimoine familial et gastronomique. La typologie des livres à cette époque restait semblable à ce qui était connu jusqu’alors, c’est à dire, des manuels épais remplis de fiches techniques avec très peu d’illustrations.

 

La seconde raison est purement technique, en plein essor industriel, la production imprimée est devenu plus rentable et performante ce qui facilita la multiplication des tirages et par conséquent réduisit les coûts vis à vis du lecteur.

 

Enfin, l’attrait majeur des écrits culinaires s’est dessiné majoritairement à la fin des année 90, début 2000. Des volontés de bien manger et de se préparer ses propres plats, ont suscité l'intérêts des maisons d’édition et des différents cuisiniers. Aujourd’hui, nous avons le choix parmi différentes sortes de livres, par type de cuisine (exotique, régionale…), d’ustensiles (verrines, planchettes…), de budgets (étudiants, gastronomique…). 

 

Certains évoqueront avec insistance que le livre reste une valeur sûre, un patrimoine tandis que d’autres privilégierons l’usage du numérique avec les sites en ligne ou encore les recueils de recettes sur tablette. Dans ces différents cas, les usages ne sont toutefois pas précisément les mêmes. Pour le papier, un ensemble de critères accumulés par les différentes parties prenantes - éditeur, graphiste, cuisinier, distributeur, imprimeur, photographe - forment une histoire, propose une manipulation. Pour l’usage culinaire, il est indispensable de considérer chacune des caractéristiques du livre pour cet usage très précis. Le livre est au départ une série de feuilles rassemblées et fixées les unes aux autres. La couverture a son rôle protecteur, dans cette univers humide, gras, le choix de ce cartonnage est déjà décisif. On pourrait éventuellement y déposer un ustensile gras, une éclaboussure pourrait malencontreusement se projeter dessus. Au-delà de l’aspect matériel, l’attrait visuel importe également le lecteur. C’est comme pour tout autre livre, la première impression est ce qui le différenciera des autres, ce qui donne le ton. 

 

Ensuite, il conviendra de relier le tout. En fonction de l’épaisseur du livre, différentes options s’envisagent. Toutefois, un livre de recettes est également un outil, il se doit de se maintenir ouvert. Certaines reliures contraignent trop l’ouverture et le lecteur/cuisinier sera bien ennuyé voire même contraint.  Il est clair qu’au même titre que le choix de la couverture et de la reliure, le papier complexifie la matérialité de l’ensemble. Il faudra tantôt un papier résistant, tantôt souple, qui supporte une densité d’encre importante pour les illustrations tout en faisant ressortir clairement les fiches techniques étapes par étapes… L’objectif est d’aboutir à un ensemble le plus didactique possible. Est ce que le papier sera doux, sec, rugueux, brillant, recyclé, souple…?

 

Plus qu’une simple texture, la matérialisation de l’ouvrage permet également de garder les traces du temps. De nombreux livres culinaires laissent la place à l’écriture, une interaction pour ainsi dire, entre le lecteur et le manuel qui construit une histoire. Le papier n’est pas mort; passons à table !

 

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