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La créativité, l'économie des innombrables possibles

La créativité, l'économie des innombrables possibles

L'Histoire de l'humanité est principalement une histoire de débrouillardise, d'inventivité et d'heureux hasards. Et encore! Comme le veut la formule de Louis Pasteur, le hasard ne favorise que les esprits préparés. La sérendipité - cet heureux hasard - est le fait de celles et ceux et qui agissent. Cela revient à dire, que l'homo sapiens des derniers millénaires est, en fait, un homo faber. Un Homme qui fait. Un Homme qui crée.

 

S’il est vrai que la créativité a joué un rôle prépondérant dans l'évolution des sociétés humaines depuis des millénaires, la place centrale qu'elle occupe désormais dans la création de valeur est un fait relativement récent. Il importe de connaître les racines des différents facteurs de production afin de mieux comprendre d'où nous provient cet enthousiasme pour la créativité, et surtout, où il nous mène. 

 

Labourer la terre

 

Des millénaires durant, la notion de progrès a été intrinsèquement liée à la domination de la nature. Et pour cause, l'essentiel de la production était le résultat d'une combinaison de deux facteurs, la Terre et le Labeur.

 

Dans son ouvrage The Gifts of Athena, l'historien Joel Mokyr décrit la période souvent nommée Révolution industrielle comme étant le creuset de deux nouveaux facteurs de production. D'abord, avec l'invention successive de nombreuses technologies radicalement nouvelles, de l'horloge à spirale (1675), à la machine à vapeur (1769), la mule-jenny (1779) et la dynamo (1868), naît un nouveau facteur auquel Marx dédie son opus magnum, le Capital.

 

Le deuxième facteur de production qui émerge à cette époque, c’est la connaissance. Ce que révèle Mokyr par la finesse de sa démarche historique, c'est que la Révolution industrielle peut être décomposée en plus courtes périodes où, par-delà les avancées technologiques, ce sont principalement des transformations scientifiques qui sont venues changer la donne. Il parle par exemple des Lumières industrielles (Industrial Enlightenment), comme une phase transitoire, de 1750 à 1850, où les visions de penseurs comme Francis Bacon ou Denis Diderot passent du rêve encyclopédique à un véritable programme de recherche, de partage et d'accumulation de connaissance. 

 

Lire la suite, dans le prochain numéro d'Inspiro.

Image: ArtJuice

 

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