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Je suis entré chez f. & co il y a 20 ans

Je suis entré chez f. & co il y a 20 ans

C’était en 1995. Alors étudiant de doctorat à l’université Laval, j’avais remporté une bourse afin de pouvoir présenter certains de mes travaux en France. En marge de cette présentation, j’ai assisté à un exposé qui fut pour moi marquant. En résumé, une jeune professeure nous disait ceci : « Quant à la diffusion des innovations, nos modèles classiques rendent de moins en moins bien compte de la réalité; nous nous intéressons de plus en plus aux modèles d'avalanche ». Ce propos m'avait frappé. Mais je n'en ai rien fait. Dix ans plus tard, Malcolm Gladwell, avec The Tipping Point, popularisera avec grand succès cette idée. Je me disais qu'il était vraiment temps que je me joigne à f. & co !  Il aura fallu encore presque dix ans pour que Louis-Félix Binette et Francis Gosselin l'inventent. Avant de monter en selle, il fallait dessiner le cheval… curieuse chronologie, mais je suis un homme patient.

 

Nous vivons dans un monde complexe, nous faisons face à des enjeux complexes. Pour réussir dans un tel monde, face à de tels enjeux, la collaboration s’impose. On ne peut plus avoir seul la réponse. Quel est l’antécédent de la collaboration ? La confiance. Quelle est la condition de la confiance ? La transparence. Il y a dans cette chaine « Complexité – Collaboration – Confiance – Transparence » la source de beaucoup d’explications des transformations majeures que connaissent aujourd’hui nos organisations comme l’environnement dans lequel elles s’insèrent, dont elles dépendent. Beaucoup d’acteurs ont pris acte de cet état de fait et agissent en conséquence.

 

Pierre Balloffet, associé universitaire chez f. & coQu’en est-il de nos universités ? J’ai peur que poser cette question ne soit cruel, car chacun devine bien que la réponse est loin d’être évidente. Le propre d’une institution est d’abord de survivre. Pour survivre, son premier moyen est l’affirmation, notamment par l’exercice d’un contrôle. Son deuxième moyen est de se reproduire, de s’étendre. Entre affirmation (contrôle) et reproduction, j’ai parfois l’impression que certaines universités ces dernières années ont surtout fabriqué… des universités. Le dernier moyen, c’est de s’adapter, de changer.

 

Le mot « université » vient du terme latin « universitas hominorum » qui peut être traduit littéralement par « association d'hommes » (ou de femmes !). Une université, ce n’est donc pas des bâtiments, un corps professoral, des livres, etc. Une université c’est d’abord une rencontre. En me joignant de manière plus formelle et continue à f. & co, je ne m’éloigne pas de l’université, j’y retourne ! D’aucuns y verront un autre paradoxe. Peu importe, si celui-ci est fertile – et j’ai la conviction, en effet, que dans les temps de changements profonds que nous vivons, en revenir à l’essence de ce que nous sommes est souvent un bon point d’appui pour guider notre réinvention.

 

Le communiqué annonçant mon arrivée au sein de l’équipe f. & co reprenait cette citation de ma part : « Je parle trop et je nourrissais depuis longtemps l'envie de, concrètement, ‘‘mettre la main à la pâte’’ dans un processus que je qualifierais de fertilisation croisée, avec une entreprise qui partage cette volonté de repousser les frontières actuelles de la réflexion, du partage et de l’action. Cette ouverture me permet de me tenir enfin sur mes deux jambes, entre rigueur universitaire et réalités d'affaires ». J’ai mis 20 ans à tenter de réussir ce mariage que je crois nécessaire pour l’avenir de nos organisations, de nos sociétés et de notre planète (au singulier celle-ci, ne l’oublions pas !). Vous partagez la même conviction que nous ? Je vous invite alors à nous rejoindre afin de réussir ces réinventions qui sont aujourd’hui au cœur de nos succès de demain.

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